Le mode de vie

1)Pour apprécier pleinement la saveur des aliments et en retirer tous les effets bénéfiques pour votre santé, prenez le temps de manger.

De cette manière, votre corps adaptera naturellement les quantités à consommer à vos besoins. Car si vous mangez trop vite, vous ne lui laissez pas le temps de se sentir rassasié. Il n’est d’ailleurs pas toujours indispensable que vous finissiez votre assiette ! Par ailleurs, manger en regardant la télévision perturbe le mécanisme de satiété ainsi que le choix instinctif des aliments que votre corps réclame. Sans compter que, si vous n’êtes pas seul, repas-télé égale adieu à la convivialité.

2)Comment empêcher les jeunes de manger des «crasses» le midi.

Les adolescents du cycle supérieur ont, dans la plupart des écoles, l’autorisation de quitter l’école sur le temps de midi. Ce qu’ils font. Ils ne consomment donc pas les plats préparés en restauration scolaire et vont chercher à l’extérieur un repas de midi. Selon leur porte-monnaie et l’offre proposée aux alentours de l’école, les jeunes sont une proie rêvée pour les friteries, dürum et grandes chaînes de restauration rapide. Pour 1 euro cinquante, dans le cas des frites, il est possible de manger chaud et à satiété. Dans le cas des fast-foods, on peut s’asseoir au chaud dans un endroit convivial et consommer un simple coca.

Plusieurs études ont constaté ces dernières années la surconsommation des frites et hamburgers pour les 15-18 ans. Quelles solutions imagine-t’on pour enrayer ce phénomène ?

3)La question a été posée à des parents, des enseignants, mais aussi à des professionnels de la santé.

Les réponses ont fusé. Nous nous sommes attachés à les sérier. Certains « s’ attaquent » à l’environnement des repas, d’autres à l’offre alimentaire. Certaines propositions sont loufoques, d’autres utopistes et aucune n’est réalisable facilement. Mais la somme des idées pourra, qui sait, faire germer un embryon de solution chez l’un ou l’autre lecteur.

4)L’offre d’alimentation

  • Proposer de la restauration à l’école, pas chère et à emporter !
  • Faire du fast-food sain, comme des plats au wok. Cette alternative existerait déjà aux Pays-Bas et en Flandre.
  • Trouver un aliment convivial que l’on puisse distribuer comme les frites...
  • Distribuer des bons pour des soupes.
  • Organiser une action avec les restaurateurs externes à l’école pour qu’ils imaginent une petite bouffe sympa.
  • Développer une offre diversifiée autour de l’école ! « Bar à soupe », « cornet de pâtes ».
  • Créer une chaîne alternative d’aliments « trendy », sain et pas cher.
  • Proposer des semaines de gastronomie italienne, brésilienne, thaï, etc.

5)L’environnement

  • Problème de manque de locaux : les adolescents sont dans certaines écoles obligés de quitter l’établissement sur le temps de midi faute de place ! Les parents et directions d’école doivent se mobiliser pour trouver des solutions.
  • Un réfectoire rien que pour eux, interdit aux profs.
  • Que cela fasse moins cantine, mais plus « cafette ».
  • Séparer les plus âgés des « petits ».
  • Ils aiment discuter entre eux : disposer de petites tables rondes plus « cosy ».
  • Travailler sur l’environnement de la cantine avant de leur faire manger des choses différentes.

6)L’éducation à l’alimentation saine

  • Apprendre aux jeunes à dire non à la malbouffe ce qu’ils font déjà en grande majorité pour la drogue, le tabac, etc.
  • Organiser un parrainage celui qui s’est « sorti » de la malbouffe » aide « un autre » à explorer une autre voie.
  • Organiser sur le temps de midi des activités extrascolaires, qui, captiveraient assez les jeunes pour les garder à l’école.
  • Si on leur faisait préparer ce qu’ils mangent avec des gens compétents en terme d’animation, on pourrait en convaincre un certain nombre.
  • Renforcer l’éducation nutritionnelle basée sur l’aventure gustative et le plaisir. On pourrait intégrer cette « éducation » dans le cursus académique, mais pas en cours théorique, plutôt en dégustant, en confrontant ses avis, etc.
  • Apprendre à créer un repas original en associant des goûts qui plaisent aux jeunes, plutôt que céder aux offres extérieures « toutes prêtes ».
  • Inculquer l’écoute de soi, de son corps, à travers la nourriture.

7)Les lois économiques

  • Ils bouffent mal parce qu’ ils n’ont pas de sous.
  • Proposer une sandwicherie moins chère, la moyenne actuelle oscille entre 3 et 4 euros alors que le paquet de frites est à 1,50 €.
  • Taxer les fast-foods comme les cigarettes.
  • Mettre le paquet de frites à 50 euros.
  • S’il y avait autre chose de moins cher...

À côté de ces grands thèmes, des personnes interviewées ont proposé la suppression des sorties sur le temps de midi ; d’autres encore ne voient pas où est le problème, signalant qu’on arrête à l’âge adulte ces excès que l’on accomplit pendant son adolescence.

8)Que retenir?

Une piste exploitable dans les écoles est qu’il semble important d’aménager un local dédié aux 15-18 ans. Il pourrait par exemple être peint dans des couleurs gaies et garni de petites tables. Pourquoi ne pas imaginer une grande collecte d’objets décoratifs pour que l’école ne doive pas investir de l’argent et que le lieu ressemble à ce que les adolescents désirent. Pourquoi ne pas imaginer une peinture collective du local le mercredi après-midi ?

Pour ce qui est de la diversité de l’offre alimentaire externe, avis aux restaurateurs ! Wok, bar à soupe, cornet de pâtes... toutes les suggestions seront appréciées.

Un projet sera mis sur pied par la Communauté française en 2007 pour organiser des ateliers du goût.

Si vous menez déjà au sein de votre école une action allant dans ce sens, n’hésitez pas à nous en faire part nous ne manquerons pas de relayer l’information pour que celle-ci fasse boule-de-neige.